Les nouvelles stratégies de sécurité intérieure à l’ère des opportunités technologiques

Partager cette page

Docteur : Madame Henriette CAUX

Directeur : M. Jean-Jacques ROCHE

Discipline : Droit

Date de la soutenance :

Date de la soutenance
09 janvier 2026

Horaires :

Vendredi 09 janvier 2026 à 14h00

Adresse :

SALLE 01 - Centre Panthéon - 12 place du Pantheon, 75005 Paris

Jury :

M. Jean-Jacques ROCHEProfesseur des universitésUniversité Paris Panthéon-AssasDirecteur de thèse
M. Xavier LATOURProfesseur des universitésUniversité Côte d'AzurRapporteur
M. Frédéric CHARILLONProfesseur des universitésUniversité Paris CitéRapporteur
M. Pascal CHAIGNEAUProfesseur émériteUniversité Paris DescartesExaminateur
Mme Hélène MARTINICadre scientifiqueMinistère l'IntérieurExaminatrice

La thèse analyse les tensions croissantes entre sécurité intérieure, souveraineté technologique et transformations numériques. Elle vise à identifier les causes du retard européen, à mettre en lumière les défis et opportunités sécuritaires et à proposer de nouvelles stratégies conciliant efficacité, acceptabilité et respect des libertés fondamentales. De la défiance à la dépendance L’Europe se trouve dans une posture paradoxale : critiquer les excès technologiques tout en dépendant des solutions extérieures. 1. Les freins technologistes européens pénalisants Historiquement, l’Europe nourrit une méfiance culturelle envers la machine, perçue comme menace pour les métiers, facteur d’aliénation sociale ou danger pour la démocratie, l’environnement et même l’humanité. Cette défiance ralentit l’adoption d’innovations sécuritaires. Les retards initiaux d’investissement, la frilosité entrepreneuriale et les difficultés institutionnelles ont créé la dépendance européenne. La pluralité d’opérateurs de taille réduite, le coût élevé des communications et les disparités fiscales exploitées par les plateformes étrangères renforcent cette dépendance. L’absence d’unité stratégique au niveau européen, l’insuffisance chronique des financements, l’absence de planification stratégique commune, le morcellement des marchés intérieurs, la disparité des approches administratives et juridiques, ainsi que les débats éthiques, limitent l’émergence de champions technologique et l’émergence d’économies d’échelle comparables à celles des États-Unis ou de la Chine. 2. Une nouvelle ère d’opportunités technologiques sécuritaires Les technologies émergentes offrent des opportunités considérables pour la sécurité intérieure. Les avancées en reconnaissance faciale, en algorithmique et en analyse d’images offrent aux forces de sécurité des capacités inédites d’identification, de prévention et de protection. L’IA ouvre un champ quasi infini d’usages, de l’investigation criminelle à la protection des infrastructures critiques, tout en posant des défis éthiques et juridiques. Les drones sécuritaires illustrent la valeur opérationnelle des objets connectés et la voiture autonome représente un potentiel pour la sécurité routière et la gestion des secours, nécessitant de nouveaux cadres réglementaires. Les villes intelligentes et sécurisées, telles que Nice, Dijon et Amien, expérimentent des solutions innovantes pour renforcer la sécurité publique, améliorer la gestion des flux et optimiser la coordination des forces locales. 3. La nécessité de nouveaux paradigmes sécuritaires L’adaptation vers de nouveaux paradigmes sécuritaires numériques suppose une refonte culturelle, organisationnelle et financière. Les usages sécuritaires oscillent entre prévention, perçue comme liberticide et peu dissuasive, et répression, plus efficacement visible et mieux acceptée socialement. La question de l’acceptabilité citoyenne devient centrale. La technologisation de la sécurité suppose d’impliquer davantage les citoyens, de renforcer la diffusion de l’innovation, et de repenser la formation et la recherche. Le retard européen en R&D contraste avec les investissements massifs des leaders mondiaux. Un management 2.0, agile et collaboratif, est nécessaire pour vaincre les résistances organisationnelles internes. L’apparition de nouveaux marchés émergent, accompagnés de contrats numériques, complexes et techniques dépasse les compétences traditionnelles des acheteurs publics. L’absence de maîtrise de ces contrats renforce la dépendance aux grands groupes technologiques. La commande publique, les fonds d’investissement et les partenariats public-privé doivent être repensés pour limiter la dépendance technologique. Une vision prospective De l’interface homme-machine actuelle, aux futures interfaces neuronales cerveau-machine (BCI), l’évolution technologique s’annonce radicale et déterminante. Elle exigera d’intégrer un « supplément d’âme », au sens bergsonien.