Le projet CLANDESTINA, porté au CARISM par Mme Bibia Pavard, lauréat de l'AAPG 2026 de l'ANR
L'appel à projets générique de l'ANR offre chaque année aux chercheurs de toutes disciplines de financer leurs projets de recherche fondamentale. Mme Bibia Pavard, historienne au CARISM, est lauréate de cet appel à projets en 2026 pour son projet CLANDESTINA, notamment en collaboration avec l'INA.
En 2025, la loi Veil a fêté ses 50 ans. Si l’histoire politique et législative de la dépénalisation de l’avortement est bien documentée, les pratiques clandestines restent largement méconnues. Le projet CLANDESTINA entend retracer ces pratiques de 1945 à nos jours, incluant les avortements illégaux avant 1975, ainsi que les formes de clandestinité post-légalisation, telles que les avortements en délais-dépassés, ou les pratiques en marge des circuits médicaux légaux. Il analyse aussi la manière dont ces expériences ont été mises en récit ou passées sous silence dans les mémoires individuelles et collectives. Le projet combine principalement histoire et sociologie, mobilisant à titre complémentaire droit et sciences de l’information-communication. Il repose sur un large éventail de sources : 79 entretiens filmés de la collecte INA « Il suffit d’écouter les femmes », questionnaires et entretiens auprès de personnes concernées avant et après 1975, archives judiciaires policières et de santé, corpus médiatiques et observation de mobilisations mémorielles contemporaines. Il se déploie autour de trois axes :
CLANDESTINA vise à produire une histoire renouvelée de l’avortement clandestin, à comprendre ses dynamiques sociales, politiques et juridiques et à éclairer les processus de transmission mémorielle, en mettant en lumière les continuités et ruptures ainsi que les inégalités qui façonnent les expériences. |
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